RAPPORT DE MONITORING DU MOIS DE MARS 2018

Introduction

Le présent rapport résulte du travail de monitoring hebdomadaire réalisé par les membres du GRASH au cours du mois de mars 2018. Outre les médias, les membres du GRASH ont eu recours à des personnes ressources dans les zones en cause, et des outils de monitoring tels le Weekly du WANEP.

Situation sécuritaire globale

Au cours du mois de mars 2018, le Burkina Faso a connu de nombreuses attaques aussi bien dans sa capitale (Ouagadougou) qu’en dehors. Il s’agit notamment de la double attaque de l’État-Major général des armées du Burkina Faso et de l’ambassade de la France au Burkina Faso, l’incident sécuritaire (attaque ?) autour de la présidence du Faso, l’attaque du poste des agents forestiers à Nassougou dans la Tapoa, l’attaque du poste de douane de Di. Par ailleurs, le 28 mars 2018, des populations, dont notamment des koglweogo, ont trouvé un repère de présumés terroristes dans le village de Bakani, à une quinzaine de Km de Foutouri, commune rurale située à près de 80 km de Gayeri et à une quinzaine de km de la frontière nigérienne ; une importante quantité d’armes et de munitions y a été saisie.

Ces attaques ont causé la mort de neuf (9) forces de défense et de sécurité, deux (2) civils et dix (10) assaillants ; quatre-vingt-un (81) blessés et d’importants dégâts matériels ont été notés.

Par ailleurs, un ancien conseiller municipal du village de Lassa dans la commune de Diguel, province du Soum, a été enlevé par des individus armés puis libéré ; les réseaux sociaux ont aussi relayé la création à Pouytenga d’une structure en charge de la sécurisation des lieux de culte et des activités religieuses musulmanes qualifiée de « sécurité islamique ». Le gouvernement, après avoir par communiqué dit qu’il suivait de près la situation, a dissous l’association dont la « sécurité islamique » serait la provenance.

Evolutions/enseignements

La double attaque de l’État-Major général des armées du Burkina Faso et de l’ambassade de la France au Burkina Faso a connu une réaction rapide et efficace des forces de défense et de sécurité burkinabè ; cela a certainement contribué à réduire les dommages aussi bien corporels que matériels. Toutefois, il est paru dans la presse que des informations sur la préparation de l’attaque ont été communiquées aux services de renseignements burkinabè qui ne les ont malheureusement prises au sérieux.

En outre, cette double attaque, qui s’est caractérisée par l’utilisation d’engins explosifs, a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans Nusrat al-Islam Wal-muslimin.

Par ailleurs, un nombre croissant d’attaques terroristes a été enregistré dans la partie Est du Burkina Faso, qui fait frontière avec la République du Niger. Un lien pourrait être établi entre ces attaques et la vaste opération militaire entreprise par l’armée nigérienne pour repousser les groupes rebelles hors des frontières nigériennes.

Enfin, même s’il faut saluer la réaction du Gouvernement dans l’affaire, « sécurité humaine », il faut regretter l’approche peu inclusive qui a créé des incompréhensions au sein de la communauté musulmane, la politique du « deux poids deux mesures » entretenue à l’égard des koglweogo.

Recommandations

A l’endroit des autorités:

  • Rendre plus opérationnels l’Agence Nationale de Renseignements et les autres services de renseignements et assurer une bonne coordination de ces différentes structures ;
  • Renforcer la présence des Forces de Défense et de Sécurité dans la partie EST du Burkina et renforcer la coopération avec les autorités nigériennes dans la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme ;
  • Avoir un traitement équitable et non discriminatoire à l’égard de toutes les organisations privées qui contribuent à la coproduction du service de sécurité.

A l’endroit des populations civiles:

Intensifier la collaboration avec les forces de défense et de sécurité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *