Monitoring du Mois d’Octobre

Introduction

Le présent rapport concerne les incidents sécuritaires du mois d’octobre 2018 que le Grash a relevés au jour le jour tout le mois durant. La collecte des faits s’est faite essentiellement grâce aux points focaux du Grash et des informations traitées par les médias burkinabè.

 

Situation sécuritaire globale

L’activité ‘’terroristique ‘’ a été enregistrée sur tout le territoire national dans le mois d’octobre. Les actes violents ont été particulièrement meurtriers dans les régions du Sahel et de l’Est. La situation sécuritaire globale reste très précaire. En effet, on relève en tout 7 attaques armées dans ce mois. 3 attaques dans le Sahel : il s’agit de l’attaque à engin explosif du détachement de la gendarmerie nationale basée à Inata dans la nuit du 03 au 4 octobre 2018 tuant 1 Maréchal Des Logis et blessant 1 autre ; l’attaque à engin explosif d’une mission de la Direction Régionale de la Police Nationale sur l’axe Sollé-Titao, province de Loroum, dans la soirée du 5 octobre 2018 causant la mort de 6 policiers et blessant 5 autres avec une dizaine de terroristes abattus ; l’attaque du poste de contrôle de police à l’entrée de Djibo le 17 octobre 2018 à 7h30 qui a été repoussée sans victime humaine. A côté des attaques armées, on constate l’assassinat du conseiller municipal CDP dans le village de Filio, commune de Tongomayel dans la nuit du 14 octobre 2018 ; le saccage de CSPS et d’école à Titao le 26 octobre 2018. Cette situation précaire du a entrainé le déplacement de plus 40 000 personnes notamment à Djibo selon la communauté humanitaire. Elle a conduit également les autorités administratives du Sahel à prendre des mesures importantes comme la décision gouvernorat d’instaurer le couvre-feu dans toute la zone de à partir du 23 octobre 2018.

La Région de l’Est a connu dans le mois la seule attaque à engin explosif de la patrouille militaire en opération de ratissage sur l’axe Gayéri-Foutouri, dans le village de Bartiébougou dans la matinée du 04 octobre 2018 tuant 7 militaires avec la mort de 3 assaillants. Puis, on note le saccage de 12 écoles entre août-septembre selon un bilan de l’AIB, l’enlèvement de 6 individus à Matiakoali dans la nuit du 28 au 29 octobre, et un éboulement d’une mine d’or interdite ayant provoqué la mort d’une centaine d’orpailleurs.

Dans le mois, la Boucle du Mouhoun a connu deux attaques armées : celle de la brigade de gendarmerie de Lanifière à Sourou (Tougan) le 1er octobre 2018 vers 20h, une riposte farouche des FDS à éviter toute perte humaine mais avec 3 gendarmes blessés ; et, celle de Baradi (Kossi) dans la nuit du 17 au 18 octobre 2018 tuant un gendarme. En plus, les Cascades ont été touchés avec l’attaque de la brigade territoriale de Sidéradougou dans la nuit du 16 au 17 octobre sans perte humaine, ni de blessé au sein des FDS mais avec des dégâts matériels énormes. Enfin, la Région des Hauts-Bassins ont connu le braquage de la caisse populaire de Founzan (Tuy) le 23 octobre 2018 avec un dépouillement total des clients.

Les incidents sécuritaires enregistrés violent principalement les droits à la vie, à la sureté de la personne, et le droit au libre exercice de ses fonctions.

Evolutions/enseignements

Le mois d’octobre fut encore endeuillé et très éploré. En effet, les assauts du mal loin de se convertir montre a contrario une détermination, un ‘’endiablement’’ incroyable. Le mois a connu le plus grand nombre de FDS tués contrairement aux mois passés : soit 15 agents de Force de Défense et de Sécurité tués dont 14 en une semaine sautés sur des engins explosifs dans deux attaques différentes et 9 blessés et 3 civils morts. Dans leur résistance, les FDS ont abattu une quinzaine de terroristes. Les Régions de l’Est et du Sahel demeurent toujours le foyer du mal.

La situation sécuritaire globale nationale est toujours alarmante, voire plus critique. On retient que la cible principale des terroristes constitue les FDS  et deuxièmement des établissements publics d’enseignement. Les terroristes s’enveniment davantage par la régularité ou l’intensité de leurs assauts. Néanmoins, ce mois donne l’espoir que nos FDS commencent à tenir bon au regard de deux attaques repoussées avec succès et la neutralisation des terroristes et la destruction de leurs matériels.

Un signal rouge de ce mois, c’est l’enregistrement de la région des Cascades et aussi de la Boucle du Mouhoun.

Enfin, la situation des déplacés dus à l’extrémisme violent est dégradante.

Recommandations

L’analyse de ces faits permet de formuler les recommandations suivantes

A l’endroit des autorités:

  • Former des populations civiles à la collaboration
  • Multiplier les opérations de ratissage des extrémistes

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