RAPPORT DE MONITORING DU MOIS DE NOVEMBRE 2018

Introduction
Le présent rapport concerne les incidents sécuritaires du mois de novembre 2018 que le Grash a relevés au jour le jour tout le mois durant. La collecte des faits s’est faite essentiellement grâce aux points focaux du Grash et des informations traitées par les médias burkinabè.

Situation sécuritaire globale
La situation sécuritaire globale nationale durant le mois de novembre est marquée par de nombreux incidents. Ces incidents qui mettent en mal la sécurité nationale se sont produit dans les zones de Sahel et de l’Est. Dans le mois de novembre 2018, on a dû enregistrer 10 attaques armées.
Dans le Sahel 5 attaques : le 31 octobre 2018, des individus armés non identifiés ont ouvert le feu sur un véhicule de la mairie de Markoye, commune rurale dans la province de Oudalan sans aucune victime ; le 8 novembre le poste de police de sécurité routière de gendarmerie de Namissiguia entre Kongoussi et Djibo est attaquée sans aucune victime ; le 15, une attaque du commissariat de police nationale de Tongomayel dans le Soum, a été repoussée par les FDS qui ont pu tuer un assaillant et blesser deux autres. On note un policier blessé ; le 17, une attaque du poste de police frontalier de Mansila, province de Yagha, a occasionné la capture de 2 terroristes; Le 18 vers 14h un chef Koglwéogo a été abattu à Sikré, commune de Arbinda par des individus armés non identifiés lors d’une attaque contre un camp des groupes d’autodéfense. Aussi, le 05 novembre à 12h30 sur la route près de Nassoumbou (Djibo, Sahel), le déminage d’un engin explosif improvisé a mal tourné causant la mort de 2 militaires et blessant 3 autres. A côté des attaques viennent des assassinats d’individus par des individus non identifiés : dans la nuit du 03 au 04, un conseiller du MPP de Belahaourou dans la commune de Arbinda, a été assassiné;: Un autre conseiller municipal MPP, également chef du village de Bossey, commune de Arbinda, a été tué chez lui après son retour d’une rencontre du conseil municipal dans la nuit du 16 novembre. Après les attaques contre les personnes on note la destruction des écoles et la torture des enseignants : Le 05 novembre vers 11h30 des hommes armés et motorisés ont attaqué deux écoles dans l’Oudalan ; l’école de Kel-Tamisgueit sur l’axe Gorom-Gorom à Tin-Akoff, et celle de Kicki (Markoye). Ils ont chassé les enseignants après avoir pris leurs téléphones portables ; Les enseignants au collège d’enseignement général de Toulfé ont été violemment agressés par des individus armés non identifiés le 12 novembre 2018.Après avoir incendié l’école Tougribouli et du centre de santé de Pellaboukou, ils ont sommé les enseignants de disparaitre de là. Au regard de la situation sécuritaire dans le Sahel, des agents de l’Etat ont décidé de plier bagages et de rejoindre des zones moins dangereuses. Le constat est fait le 08 novembre 2018.
Enfin le mois de novembre dans le sahel a connu le drame d’éboulement. En effet, une cinquantaine de personnes portées disparues dans un éboulement survenu dans la nuit du 13 novembre 2018 sur un site d’orpaillage situé Inata-Bassené à 75km de Djibo.
Dans la Région de l’Est, on a noté deux attaques armées et un braquage armé : le 11 novembre 2018 des assaillants se sont attaqués à la gendarmerie de Partiaga, Tapoa, région de l’Est vers 20h. Malgré l’intensité de l’assaut, ils ont été repoussés vaillamment par les FDS. Cette attaque a occasionné la fuite des prisonniers ; ensuite, des individus, au nombre de 8 environ, lourdement armés se sont postés le 15 novembre 2018 sur l’axe Fada-Pama (Est), notamment dans la zone de la réserve présidentielle, arrêtant tout véhicule de passage quelle que soit la direction du voyage. Ils se rassuraient que les véhicules ne contenaient pas des fonctionnaires. Ils disent ne pas vouloir un fond rouge dans la zone. Plus de trois heures, ils ont mené cette opération de contrôle en blessant certains passagers ; dans la nuit du 11 novembre 2018, un mécanicien a été tué par des braqueurs à Nadiaga 15km de Pama, Région de l’Est ; deux hommes armés motorisés ont fait irruption le mardi 20 novembre 2018 aux environs de 20h dans un domicile à Bonbntangou, village situé à environ 7km de Pama (Est) et ont ouvert le feu sur un jeune pisteur de 23 ans du nom de Moukahilou Diallo qui est mort sur le champ. Il serait accusé d’espionnage après s’être rendu sur le site minier de Kabonga abritant des hommes lourdement armés. Son père recherché pour la même cause est fuite. Enfin, un engin explosif artisanal a été mis hors d’état de nuire par les FDS le mardi 13 novembre 2018 sur l’axe Gayéri-Bartiébougou (Est). Elles ont arrêté un présumé terroriste qui est un conseiller municipal. Il serait le tuteur et le recruteur d’un groupe armé.
Après les attaques contre les personnes, c’est le tour des infrastructures d’éducation. Les écoles et lycées de Gayéri(Est) se sont refermés le lundi 12 novembre 2018 après la découverte d’un message de menace de mort à l’endroit des enseignants et des professeurs : « je vous préviens ; nous allons venir le 14 novembre 2018 dans la province de Gayéri pour vider les élèves .On ne veut pas venir trouver un enseignant ou les professeurs.si on les trouve c’est la mort ! ». En dernier lieu, L’école primaire publique de Sampiérie (Kantchari, Est) a été incendiée dans la nuit du jeudi à vendredi 23 novembre 2018 par des assaillants qui ont aussi sommé les instituteurs, d’enseigner en arabe en lieu et place du français.
En plus des régions habituelles du mal, on a enregistré une attaque armée dans le Centre Est, précisément, le matin du 2 novembre 2018 vers 5h, la gendarmerie de Soudougui, province de Ouargaye (Centre-Est) a été attaquée par des individus armés non identifiés sans aucune victime ; une attaque, braquage et un éboulement dans le Sud-Ouest : Le commissariat de Silly dans la province de la Sissili situé à environ 75km de Léo a été attaquée dans la nuit du jeudi 08 novembre 2018 par des individus armés non identifiés ; Le dimanche 04 novembre 2018 au soir, deux individus ont braqué plusieurs personnes en partance ou de retour du site de Limanya au secteur de Diébougou ; et Le jeudi 08 un double éboulement (matinée et vers 22h) est survenu dans l’enclave du site d’or de Bontioli dans la commune de Zambo, province Ioba provoquant 10 morts et des blessés. Enfin, une attaque dans les Hauts Bassins : La gendarmerie de Satiri (située à 35km de Bobo) a été attaquée par des individus armés non identifiés le vendredi soir du 23 novembre. Aussi, dans cette même région,une quantité importante (environ 136kg) de cannabis a été saisie par la brigade régionale des eaux et forêts, dans la région des Hauts Bassins. L’information a été annoncée le vendredi 09 novembre 2018 par le ministère de l’environnement du Burkina Faso.
Dans la Boucle du Mouhoun, le 03 novembre 2018, on a découvert six cadavres d’assaillants en brousse après quelques jours de l’attaque de la gendarmerie de Barani, Kossi, Probablement, ces assaillants auraient été blessés par les FDS à travers une résistance farouche face à ces derniers dans la nuit de l’attaque.
Dans le plateau central, Un homme manifestant un début de crise mentale égorge deux personnes avant de se faire égorger par la suite. Ce drame s’est produit à Sao dans la province du Kourwéogo (Bousset) le 05 novembre 2018 causant trois morts. Ensuite, A cause d’un différend opposant les communes rurales de Zoungou et de Boudry, une foule en furie a détruit l’école de Moaga en construction pour remplacer l’école sous paillote, le 20 novembre 2018.
Dans le Centre-Nord à Pissila, (province de Sanmatenga, Kaya) un individu suspecté arrêté par les FDS se serait enfui avec un engin des FDS. Son arrestation avait failli tourner mal pour les FDS. Ce fut le weekend du 10 au 11 novembre 2018.
La région du Centre a connu trois faits différents relatifs à l’insécurité le mois de novembre 2018. D’abord, un accident de circulation: un car de transport d’un pays étranger a foncé tout droit sur des riverains de la route de Zongo, arrondissement 3 de Ouagadougou le mardi 06 novembre 2018 tuant 5 passagers et blessant d’autres ; ensuite, un affrontement entre bouchers et kolgwéogo : le 21 novembre 2018 suite une altercation, un élément de kolgwéogo et un boucher ont été tués dans le marché de Arb-Yaar de Tanghin. Le lendemain, les bouchers en nombre important ont détruit les bases des koglwéogo de Kossodo, de Kamboissin, de Sakoula. Enfin, on a noté un Kidnapping : Pascaline TIEMTORE, stagiaire à la brigade verte a été kidnappée le jeudi 8 novembre dans le quartier de Nonsin alors qu’elle balayait devant la concession familiale par des ravisseurs non identifiés qui réclamaient une rançon de 300000 FCFA. Elle a été libérée par la police dans la nuit du dimanche 11 novembre 2018.
Le mois s’achève avec une opération de ratissage de grande envergure effectuée par les ministères de la sécurité du Burkina Faso, du Ghana et de la Côte d’Ivoire. L’opération de sécurisation des frontières communes au Burkina Faso, à la Côte d’Ivoire et au Ghana, dénommée « Koudanlgou Ii », a permis d’interpeler plus de 150 présumés délinquants ou terroristes, a indiqué le jeudi 22 novembre 2018 le ministre burkinabè de la sécurité Clément Sawadogo.
Les faits multiples du mois de novembre se rapportant à la sécurité touchent principalement aux droits à la vie, à la sureté de la personne, au libre exercice de ses fonctions, à la libre circulation des personnes et des biens et particulièrement au droit à l’éducation.

Evolutions/enseignements
Le mois de novembre s’est illustré avec 34 faits relatifs à la sécurité, soit un fait par jour. Ces faits couvrent quasiment tout le territoire national. Les faits les plus graves restent toujours les zones du Sahel et de l’Est où le phénomène du terrorisme est loin de battre en retrait. Au contraire, les faits démontrent un certain contrôle ou une mainmise des terroristes sur ces zones, interdisant l’accès aux fonctionnaires de l’Etat, incendiant les écoles, menaçant de mort les enseignants et obligeant certains à dispenser des cours en arabe. La région du Sahel a connu un regain du mal ce mois de novembre avec 5 attaques armées sur 10, des assassinats d’individus et des fermetures d’écoles. Un fait singulier dans cette région, c’est l’assassinat de 2 conseillers municipaux tous relevant du parti du Mouvement du Peuple pour le Peuple (MPP). Un autre singulier, c’est l’arrestation d’un conseiller coopérant avec les groupes extrémistes dans la zone de l’Est. Ce qui est très inquiétant dans les zones du Sahel et de l’Est, c’est la grande difficulté a pratiqué l’éducation. On a le droit de s’inquiéter surtout sur l’avenir de ces milliers d’enfants qui sont aujourd’hui sans écoles du fait des gens abâtardis et devenus des monstres pour l’humanité.
La capitale, Ouagadougou, a vécu également un fait singulier qui est le kidnapping d’une femme avec une réclamation de rançon d’un agent de la brigade verte. Ce fait interpelle sur l’insécurité des femmes en milieu urbain. Aussi, l’affrontement entre bouchers et groupes d’autodéfense (Kolgwéogo) dans la capitale interpelle sur la cohabitation pacifique de ces groupes avec les populations.
Néanmoins, en dépit de l’augmentation de la fréquence des faits, le mois de novembre a connu moins de victime surtout du côté FDS contrairement au mois d’octobre. Toutes les dix attaques armées ont fini en défaveur des assaillants. Un premier essai de déminage a causé la mort de 2 militaires et blessés 3 autres, le deuxième essai a connu un succès. On pourrait dire que les Forces de Défense et de Sécurité sont en train de gagner en expérience et deviennent plus efficaces. On pourrait même dire que le vent est en train de changer de direction au regard des terroristes tués (7) et capturés (3) dans le mois. Ce mois montre bien que les victimes sont enregistrées du côté assaillants.
L’autorité politique et administrative a manifesté un effort important durant ce mois avec l’accomplissement d’une opération de ratissage conjointe avec le Ghana et la Côte d’Ivoire, laquelle opération a permis d’arrêter plus de 150 délinquants, un chiffre effrayant qui prouve l’adhésion massive des jeunes à l’extrémisme violent.
Pour finir, notons la régularité des éboulements au niveau des sites d’orpaillage, Septembre, octobre, et novembre surtout, le pays a vécu des éboulements entrainant la mort de plusieurs jeunes.

Recommandations
L’analyse de ces faits permet de formuler les recommandations suivantes
A l’endroit des autorités:
– Multiplier les actions conjointes avec les pays voisins
– Former des populations civiles à la collaboration
– Multiplier les opérations de ratissage des extrémistes
– Redoubler de vigilance dans la région du Sud-Ouest et dans les autres régions apparemment pacifiques
– Renforcer l’activité de la police de proximité
– Améliorer et renforcer le système de renseignement
– Prévoir et régler les tensions intercommunautaires
– Prendre des mesures pour sécuriser les établissements scolaires et le personnel enseignant dans les zones de l’Est et du Sahel.
– Prendre des mesures fortes concernant l’interdiction de l’exploitation artisanale anarchique des sites d’orpaillage.
– Développer des emplois pour occuper les jeunes
A l’endroit des populations civiles:
– Intensifier la collaboration avec les forces de défense et de sécurité ;
– Dénoncer tous les individus et cas suspects aux forces de défense et de sécurité. Appeler les numéros verts en cas de besoin : 16 ; 17 ; et le 1010

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *