RAPPORT DE MONITORING DU MOIS DE NOVEMBRE 2019 « AGIR EN URGENCE OU PERIR »

RAPPORT DE MONITORING DU MOIS DE NOVEMBRE 2019

« AGIR EN URGENCE OU PERIR »

 

Introduction

Le présent rapport concerne les incidents sécuritaires du mois de novembre 2019 que le Grash a relevés au jour le jour tout le mois durant. La collecte des faits s’est faite essentiellement grâce aux points focaux du Grash et des informations traitées par les médias burkinabè.

Situation sécuritaire globale

La situation sécuritaire au national est marquée d’une surprise mortelle dans le mois de novembre 2019, notamment en début de mois. Alors qu’on croyait à une accalmie dans le mois d’octobre et particulièrement dans la région de l’Est qui a vécu une paix relative dans les mois de septembre et d’octobre, a pris la relève encore et de façon meurtrière dans le mois de novembre. Des 6 attaques enregistrées dans le mois, 4 sont de l’Est dont la plus meurtrière contre les civils, 1 attaque au Centre-Nord et 1 autre au Sahel. Ces 6 attaques ont fait 39 morts côté civil et 4 morts côté militaire et un assassinat d’individu ayant tué 1 personne. De brillantes opérations menées ont permis de neutraliser au moins une soixante-dizaine de terroristes.

La région de l’Est a connu premièrement l’attaque du convoi transportant les travailleurs de la mine d’or de SEMAFO SA dans une embuscade, le 6 novembre 2019, sur l’axe Ougarou-Boungou faisant 38 morts ; ensuite, l’attaque contre le détachement militaire et la gendarmerie de Foutouri (Komondjari), le 11 novembre 2019 repoussée par les Forces de défense et de sécurité neutralisant une dizaine d’assaillants ; en plus l’attaque ou braquage contre les passagers de bus le 19 novembre 2019 par des hommes armés de machettes sur l’axe Fada N’Gourma – Pama dans la zone forestière de Kabonga ; enfin, l’attaque le 26 novembre 2019, des villages de Natiaboani et de Nagré à une trentaine de kilomètres de Fada sur la route de Pama provoquant des dizaines de morts et de pertes considérables de biens matériels et le déplacement d’un nombre considérable de populations. Par ailleurs, c’est un chef kolgweogo (groupe d’autodéfense) qui a été tué à domicile le 17 novembre 2019, à Ouboulsi, à une trentaine de kilomètres de Natiaboani.

Le Centre-Nord a vécu l’attaque du village de Namsiguian (commune de Bourzanga) le 15 novembre dans le Kongoussi, vaillamment repoussée par les FDS. Tout près, dans le Sahel, le 20 novembre, l’escadron de gendarmerie basé à Arbinda, ainsi que la brigade territoriale de gendarmerie ont été attaqués. Les assaillants ont été repoussés grâce à une riposte prompte et vigoureuse des gendarmes qui ont récupéré « 12 motos, 13 kalachnikov, 1 RPG-7, 2 roquettes et 20 chargeurs, 8 téléphones portables, une caméra, un GPS et 10 émetteurs-récepteurs ».

Dans la veine, des opérations de ratissage ont permis de neutraliser 32 terroristes les 22 et 23, lors de deux opérations militaires à Yorsala, province de Loroum dans la région du Nord ; ensuite, de 6 terroristes dans la région du Centre-Sud le 29 novembre 2019. Parmi les individus tués, figure un “leader terroriste activement recherché“, Bahadio Douada alias Abdoul Hadi dirigeant du groupe affilié à la katiba Macina et soupçonné d’avoir tendu une embuscade à une patrouille mixte de l’armée burkinabè ayant fait deux morts sur l’axe Pô-Guiaro, dans la même région,  en juillet 2019.

Après l’attaque meurtrière du 6, le ministre de la sécurité a fait une sortie médiatique le jeudi 14 novembre 2019 au cours de laquelle, il a essayé de dévoiler les groupes extrémistes. Pour lui, ce sont parmi ces groupes terroristes il y a des groupes islamistes, il y a certainement des délinquants. Il y a parfois de la sous-traitance. Les délinquants, les fraudeurs, les bandits. A sa suite, le 26 novembre 2019, le contexte national marqué par les attaques terroristes contre des civils et des positions des Forces armées nationales était au cœur d’un séminaire gouvernemental, à Kossyam, Ouagadougou.

Par ailleurs, dans d’une courte vidéo publiée le mercredi 27 novembre 2019, l’ambassadeur Andrew Young a annoncé le rapatriement des enfants mineurs américains aux USA du fait des menaces terroristes.

Les incidents sécuritaires enregistrés violent principalement les droits à la vie, à la sureté de la personne, et le droit au libre exercice de ses fonctions

 

Évolutions/enseignements

Les incidents sécuritaires du mois de novembre 2019 montrent que les accalmies ne constituent pas des indices de réduction de l’activité des extrémistes. On remarque, au regard du comportement des groupes extrémistes de ce dernier trimestre, qu’ils agissent région par région, c’est-à-dire qu’ils opèrent rarement de façon intense et simultanée dans les trois régions les plus menacées dans un même mois. Alors que c’est la région du Centre-Nord qui a eu chaud en septembre, c’est l’Est qui revient après le mois d’août. Aussi, les civils constituent désormais une vraie cible des extrémistes.

Chose importante à noter dans ce mois est que les FDS ont pu repousser vaillamment les attaques contre elles tuant un nombre important d’assaillants et qu’elles ont mené des opérations de ratissage avec des résultats.

Enfin, il sied de noter que l’annonce du rapatriement des enfants étasuniens dans leur pays a semé une psychose au sein des populations surtout urbaines.

 

Recommandations

L’analyse de ces faits permet de formuler les recommandations suivantes

A l’endroit des autorités:

  • Former des populations civiles à la collaboration et à la défense
  • Multiplier les opérations de ratissage des extrémistes
  • Renforcer l’activité de la police de proximité
  • Améliorer et renforcer le système de renseignement
  • Entreprendre des mesures de prise en charge diligente des déplacés de l’Est

A l’endroit des populations civiles:

  • Intensifier la collaboration avec les forces de défense et de sécurité ;
  • Dénoncer tous les individus et cas suspects aux forces de défense et de sécurité. Appeler les numéros verts en cas de besoin : 16 ; 17 ; et le 1010

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