RAPPORT DE MONITORING DU MOIS DE DECEMBRE 2019 « AGIR EN URGENCE OU PERIR »

Introduction

Le présent rapport concerne les incidents sécuritaires du mois de décembre 2019 que le Grash a relevés au jour le jour tout le mois durant. La collecte des faits s’est faite essentiellement grâce aux points focaux du Grash et des informations traitées par les médias burkinabè.

 

Situation sécuritaire globale

Le mois de décembre 2019, décembre mois des fêtes, a encore connu comme le mois de novembre une empreinte malheureuse des terroristes au niveau national.  Les faits enregistrés ont été vécus dans les régions où la menace sévit depuis longtemps, l’Est, le Sahel, le Centre-Nord et la Boucle du Mouhoun. Nous avons pu noter 6 attaques armées dont 4 contre les bases des Forces de Défense et de Sécurité et 2 directement contre les civils (une église et les kolgweogo). Elles ont causé la mort de 10 militaires et de 56 civils. Les résistances des FDS ont permis de neutraliser un nombre important de terroristes (au moins une centaine) et de récupérer d’importants armements et d’engins à deux routes.

La région du Sahel a connu l’attaque la plus meurtrière. C’est l’attaque du mardi 24 décembre 2019 matin à Arbinda dans la province du Soum provoquant la mort 7 militaires et 35 civils (31femmes) et revendiquée par le Groupe d’Etat Islamique le vendredi 27 décembre. Puis une deuxième attaque a été notée, c’est l’attaque repoussée de la gendarmerie de Djibo le mardi 31 décembre 2019 autour de 20h

La région de l’Est a vécu 3 faits relatifs à la sécurité. Le mois a été accueilli par l’attaque contre  les fidèles chrétiens de l’église protestante d’Hantoukoura, village situé près de la frontière nigérienne, le 1er décembre 2019, une attaque qui s’est soldée par la mort de 14 fidèles dont le pasteur et des enfants. Le 15 décembre 2019, des kolgweogo du village de Kantari à 9 kilomètres de Kantchari, dans la Tapoa sont attaqués et 7 civils dont 5 kolgweogo ont été tués. Au lendemain de leur assassinat, la ville de Kantchari a accueilli 1028 déplacés, en provenance de Kantari.

Enfin, la Boucle du Mouhoun et la région du Nord ont été touchées aux mêmes instants par une double attaque des détachements militaires de Toéni dans la nuit du 2 au 3 décembre 2019, dans la province du Sourou dans la région de la Boucle du Mouhoun et de Bahn dans la province du Loroum dans la région du nord ont aux environs de 2 heures du matin. La vigoureuse contre-attaque des unités a permis de neutraliser une vingtaine de terroristes et de blesser plusieurs autres, et saisir de l’armement, des munitions, une dizaine de motos et divers autres matériels. Malheureusement 3 militaires ont trouvé la mort et 7 autres blessés.

Ces faits relatifs à la sécurité ont mis à rude épreuve les droits à la vie, à la sureté de la personne, le droit au libre exercice de ses fonctions et le droit à la propriété.

Evolutions/enseignements

Le mois de décembre 2019 comme celui de novembre a été très sanglant au niveau national. On constate certes des efforts au niveau des FDS, mais le mal ne cesse d’engloutir les citoyens burkinabè militaires comme civils. Si les populations ont salué la résistance des FDS à Arbinda, certains, surtout les hommes de médias et des experts dans le domaine de la sécurité, restent dubitatifs quant aux stratégies utilisées par les FDS dans cette lutte. Ceux-ci déplorent notamment le fait que les FDS ne devancent pas les assaillants dans les attaques de sorte à les empêcher d’agir et d’endeuiller la nation.

Une remarque importante est le fait que Toéni et Bahn ont subi plusieurs attaques et continuent d’en subir. Ce n’est pas la première fois que les positions de l’armée à Bahn et à Toéni sont attaquées. Le 18-19 octobre dernier, cinq militaires ont été tués et 11 blessés au cours de deux attaques simultanées à Bahn et Yensé, dans la région du Nord. Le 19 septembre 2019, 5 membres des forces de défense et de sécurité ont été tués à Toéni dans la province du Sourou, à proximité de la frontière avec le Mali au cours d’une embuscade. Mi-août, quatre militaires avaient été tués sur l’axe Toéni-Loroni toujours dans la province du Sourou.

Une remarque aussi considérable c’est la revendication de l’attaque d’Arbinda par le Groupe d’ Etat Islamique. Il y a très longtemps qu’une attaque a été revendiquée.

Particulièrement à l’Est, les kolgweogo sont devenus sans nul doute la cible des assaillants extrémistes depuis l’appel du président aux volontaires pour appuyer l’armée. Aussi, la menace contre les fidèles chrétiens demeure une préoccupation.

Pour tout dire, il est à noter que, en dépit des efforts indéniables au niveau des FDS, le phénomène de l’extrémisme ne fait que s’amplifier et de s’empirer de mois en mois.

 

Recommandations

L’analyse de ces faits permet de formuler les recommandations suivantes

A l’endroit des autorités:

  • Former des populations civiles à la collaboration
  • Renforcer et continuer les opérations de ratissage des extrémistes
  • Redoubler de vigilance dans la région de l’Est en accalmie
  • Renforcer l’activité de la police de proximité
  • Améliorer et renforcer le système de renseignement
  • Prendre en charge conséquemment les déplacés
  • Former les populations aux mécanismes élémentaires de défense

A l’endroit des populations civiles:

  • Intensifier la collaboration avec les forces de défense et de sécurité ;
  • Dénoncer tous les individus et cas suspects aux forces de défense et de sécurité. Appeler les numéros verts en cas de besoin : 16 ; 17 ; et le 1010

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