RAPPORT DE MONITORING DU MOIS DE JANVIER 2020 « AGIR EN URGENCE OU PERIR »

Introduction

Le présent rapport concerne les incidents sécuritaires du mois de janvier 2020 que le Grash a relevés au jour le jour tout le mois durant. La collecte des faits s’est faite essentiellement grâce aux points focaux du Grash et des informations traitées par les médias burkinabè.

 

Situation sécuritaire globale

Le mois de janvier 2020 a été particulièrement éprouvant pour le Burkina Faso et ses habitants. En effet, il a été enregistré 8 attaques violentes dont cinq dirigées directement contre les civils (simples citoyens et fonctionnaires) et ayant causé la mort de 90 civils et 6 éléments des FDS (Forces de Défense et de Sécurité). Deux de ces attaques ont été menées à l’aide de l’IED). Ces huit attaques ont été enregistrées au Sahel (4),à  l’Est (2), dans la Boucle du Mouhoun (1), et au Centre-Nord (1).

Le Sahel a été le plus meurtri avec les quatre attaques armées : l’attaque repoussée du 3 janvier 2020 contre l’unité de Gendarmerie de Inata, province du Soum, qui a permis de neutraliser une dizaine d’assaillants et de récupérer des armements et des stupéfiants ; l’explosion à l’IED d’un véhicule d’une unité des Groupements des Forces pour la Sécurisation du Nord à Yalanga, au Nord-Ouest de Arbinda le 17 janvier 2020 ayant tué 6 militaires et blessé 1 ; l’attaque meurtrière dans le village de Silgadji dans la commune de Tongomayel dans la province du Soum le 25 janvier 2020 ayant causé la mort de 39 civils et l’attaque dans une embuscade contre un groupe de quatre agents de santé en voyage pour rejoindre leur nouveau poste à Kelbo le 27 janvier 2020 à Nagraogo.

A l’Est, les deux attaques enregistrées sont l’incendie de la mairie de Logobou, dans la province de la Tapoa, le 9 janvier 2020 et des menaces à l’égard du corps enseignant de Nagaré puis l’attaque contre l’école primaire publique de Donla, près de Gayéri le 23 janvier 2020.

Dans la Boucle du Mouhoun, c’est l’explosion à l’IED d’un car de transport, parti de Toéni pour Tougan le 4 janvier 2020 ayant causé la mort de 14 passagers dont 7 élèves et 4 femmes.

Au Centre-Nord les larmes ont coulé à cause de l’attaque barbare contre des civils dans la commune de Barsalogho le  20 janvier 2020 qui a ôté la vie de 36 civils.

Dans le mois, des opérations ont été menées dont celle du 7 janvier 2020 a permis de « neutraliser » 6 (six) présumées terroristes à Pissila dans le Centre-Nord et saisir des armes (2 PKMS et 1 lance-roquette) et des documents religieux.

Par ailleurs, dans l’optique de la résolution de la crise sécuritaire, cinq mesures sécuritaires ont été notées dans le mois janvier au niveau national. Il s’agit de la remise du document de Politique de Sécurité nationale au chef de l’Etat burkinabè par les experts de la commission d’élaboration de la politique de sécurité nationale le 20 janvier 2020 ; de l’adoption par l’Assemblée Nationale du Burkina Faso du projet de loi portant institution des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) le 21 janvier 2020 ; de la réunion des chefs d’état-major des armées du G5-Sahel à Ouagadougou les 24 et 25 janvier 2020 qui a autorisé la possibilité de mobilité des forces à l’intérieur des pays du G5 Sahel jusqu’à 200 km en territoire étranger ; du recrutement de 2000 militaires de rang au profit des Forces Armées Nationales du Burkina Faso qui se déroulera du 17 février au 29 mai 2020 ; enfin, du message de la gendarmerie nationale du Burkina demandant aux populations des régions de l’Est, le Nord, la zone de Toéni (Mouhoun) et le sahel à alerter les unités chaque fois qu’elles verront des gens poser les engins explosifs improvisés ou lorsqu’elles constatent des déformations de terrain sur les axes routiers.

Ces faits relatifs à la sécurité ont mis à rude épreuve les droits à la vie, à la sureté de la personne, le droit au libre exercice de ses fonctions et le droit à la propriété.

Evolutions/enseignements

Comme relevé dans les mois précédents, le phénomène de l’insécurité est loin de prendre du recul. Le sang continue de se verser, les larmes continuent de couler, la psychose croît au Sahel, à l’Est, au Mouhoun et au Centre-nord. Les deuils nationaux sont couramment décrétés au Burkina Faso.

Le nouveau constat alarmant que révèle ce mois lugubre est le fait que les populations sont clairement devenues la cible des extrémistes. Et cela aggrave la crise humanitaire que connaît déjà le pays.

La région de l’Est connait une accalmie précaire tandis que le Sahel est sous le feu des extrémistes. Le Centre-nord est également en grand péril.

Cependant, l’espoir doit être toujours créé et entretenu autour des efforts et les mesures qui se renouvellent. Dans ce sens, le recrutement des volontaires peut être salué mais avec des réserves sur les éventuels débordements quant au respect des droits de l’homme mais aussi sur leur exposition à l’ennemi qui pourrait endeuiller davantage la nation à travers eux. La vigilance doit être entrevue sur les risques d’infiltration de ses volontaires par l’ennemi.

Par ailleurs, les mesures prises par le G5 montrent la détermination des états-majors à trouver la solution appropriée à cette crise.

 

Recommandations

L’analyse de ces faits permet de formuler les recommandations suivantes

A l’endroit des autorités:

  • Redoubler de vigilance pour éviter l’infiltration du groupe des volontaires pour la défense de la patrie.
  • Former des populations civiles à la collaboration
  • Renforcer et continuer les opérations de ratissage des extrémistes
  • Renforcer l’activité de la police de proximité
  • Améliorer et renforcer le système de renseignement
  • Former les populations aux mécanismes élémentaires de défense
  • Mettre à la disposition des troupes en opération des blindés contre les IED

A l’endroit des populations civiles:

  • Intensifier la collaboration avec les forces de défense et de sécurité ;
  • Redoubler de vigilance sur la voie pour découvrir les engins explosifs enterrés
  • Dénoncer tous les individus et cas suspects aux forces de défense et de sécurité. Appeler les numéros verts en cas de besoin : 16 ; 17 ; et le 1010

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